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Le rassemblement de Paris, Le Monde du 9 février

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A Paris, un rassemblement contre le « délit de solidarité »

Plusieurs militants venus en aide à des sans-papiers ou des Roms et inquiétés par la justice sont venus dénoncer des actions de l’Etat et revendiquer leur statut de « délinquants solidaires ».

LE MONDE | 09.02.2017 à 19h21 • Mis à jour le 10.02.2017 à 14h28 |  Par Florian Reynaud

Près de deux cents personnes se sont rassemblées, jeudi 9 février, sur la place de la République, à Paris, pour soutenir les « délinquants solidaires », qui aident les personnes en situation irrégulière ou certaines populations en difficulté. Les militants rassemblés dénoncent des poursuites judiciaires faites pour « criminaliser » l’aide aux sans-papiers, alors que l’Europe traverse une grande crise migratoire.

Ce rassemblement est une action parmi plusieurs organisées en France depuis mercredi, alors que le tribunal de grande instance de Nice doit rendre vendredi son délibéré concernant Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière italienne, et jugé pour avoir aidé des migrants.

Lire aussi :   Cédric Herrou, défi de solidarité

Jeudi, les associations présentes et regroupées sous la bannière « Délinquants solidaires », s’en prennent aux actions de l’Etat, à la fois contre les migrants, et contre ceux qui leur viennent en aide. Le « délit de solidarité » est le surnom donné à l’article L 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui sanctionne « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ». Il a aujourd’hui été amendé pour ne plus concerner l’hébergement par des bénévoles, mais sans convaincre les associations.

Lire aussi :   Immigration : où en est le « délit de solidarité » ?

« La solidarité dérange »

Place de la République, plusieurs personnes qui ont été poursuivies dans le cadre de leur action en faveur des migrants sont venues témoigner. Peu sont concernées par le « délit de solidarité » au sens strict. Certains ont été jugés pour des violences ou outrages, à l’issue de poursuites qu’ils disent faites pour les intimider.

C’est le cas de François Loret. Il raconte avoir été condamné en juin 2015 pour violences à agent dépositaire de l’autorité publique, après une bousculade lors de l’évacuation d’un campement de Roms, dans le secteur de Marne-la-Vallée. « La solidarité dérange nos politiques » , dénonce-t-il. Prévenu dans une affaire plus récente, l’élu écologiste Jean-Luc Munro est également venu témoigner. La veille, ce soutien de la cause rom était jugé à Lille pour violences sur agent dépositaire de l’autorité publique avec arme par destination, accusé d’avoir foncé sur des forces de l’ordre à un barrage avec son vélo, en marge d’une opération policière dans un campement.

Aubépine, récemment jugée et relaxée, est venue parler du « triangle des migrants », où de nombreuses personnes vivent dans la rue, dans le nord de Paris. « On a été nassés pendant cinq heures à Stalingrad, puis convoqués et jugés pour rassemblement illicite et fausse déclaration de manifestation », explique-t-elle à la tribune. « L’Etat cherche à circonscrire et à définir lui-même ce qu’est la solidarité », s’inquiète Houssam, qui avait été jugé avec la jeune femme.

Les politiques « se trompent de cible »

Venu de Perpignan, Denis Lambert a été poursuivi en 2015 pour avoir hébergé une famille arménienne, puis l’audience s’est soldée par un non-lieu. Aujourd’hui, il assure continuer, comme il le fait « depuis 2005 », à héberger des familles, et collabore au Secours populaire.

A la tribune, le directeur d’Emmaüs France, Thierry Kuhn, demande notamment « l’abrogation de l’article 622-1 », ou encore « la régularisation des travailleurs sans papiers ». « Si venir en aide aux étrangers est un délit alors nous sommes tous des délinquants », estime-t-il.

Pour la directrice de l’association La Cimade, Geneviève Jacques, « on constate malheureusement une recrudescence de ces mouvements » de répression de militants et bénévoles, et craint un « esprit état d’urgence » qui « amène des responsables politiques à se tromper de cible ». « Dans le monde dans lequel on vit, c’est au contraire la solidarité qui permet d’avoir de l’espoir », assure-t-elle.

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