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Soutien à Cédric Herrou, Nice le 10 février

 

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Aide aux migrants : une condamnation de principe pour Cédric Herrou

Libération 10 février 2017

JUSTICE

Par Mathilde Frénois, Correspondante à Nice

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Khadidja, réfugiée malienne (bonnet blanc), est venue féliciter Cedric Herrou (bonnet jaune) à la sortie du tribunal de Nice ce vendredi. Photo Laurent Carré pour Libération

L’agriculteur qui est venu en aide à des étrangers dans la vallée de la Roya a écopé d’une simple amende de 3 000 euros avec sursis. Une peine légère qui le conforte dans son combat. Il compte désormais attaquer l’Etat pour «non-respect des protocoles de réadmission».

Dans la salle des pas perdus, Khadidja serre fort Cédric Herrou dans ses bras. «Ce que je lui ai dit à l’oreille, vous ne le saurez pas» , prévient cette Malienne de 17 ans arrivée en France en juin via la vallée de la Roya et avec l’aide de l’agriculteur. Mais pour ceux qu’elle déclame tout haut, les mots de Khadidja frappent les murs du palais de justice de Nice ce vendredi matin : «Ce n’est pas un crime de venir en aide à des mineurs isolés! Je suis l’une de ces mineurs, Cédric est notre papa», dit-elle.

Derrière la porte de la salle d’audience, la justice vient de condamner Herrou à 3 000 euros d’amende avec sursis, le reconnaissant coupable de l’aide apportée aux étrangers pris en charge en Italie. L’agriculteur de 37 ans avait revendiqué être allé chercher des migrants à Vintimille pour franchir la frontière franco-italienne. «Cédric Herrou ne donne pas la preuve d’un franchissement individuel face à un péril», affirme la présidente qui estime que l’aide était généralisée. En revanche, le tribunal a prononcé la relaxe pour l’ouverture sans autorisation d’un camp accueillant 57 migrants dans un bâtiment de la SNCF. «L’aide proposée par Cédric Herrou participe à une action de secours. Il a agi […] pour préserver leur dignité et leur intégrité», indique-t-elle, s’éloignant des réquisitions qui s’élevaient à huit mois de prison avec sursis.

«La victoire, ce sera quand on n’aura plus à faire tout ça»

«Le tribunal a bien compris que l’action de Cédric Herrou est uniquement humanitaire, se réjouit son avocat Me Zia Oloumi. Au-delà du cas de mon client, ce jugement donne un cadre clair de l’infraction.» Si le tribunal a sanctionné l’aide à l’entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière, l’aide au séjour et à la circulation a fait l’objet d’une relaxe. «J’ai été écouté et j’ai eu de vraies réponses, se satisfait Cédric Herrou qui a remis son bonnet en laine jaune pour se protéger des quelques gouttes de pluie. Désormais, nous comprenons qu’il faut traçabiliser nos actions pour poursuivre notre chemin.» L’agriculteur exclut désormais de faire appel.

A moins d’un appel du parquet, Herrou en a fini avec la justice… mais pas avec cette situation à la frontière entre secours à une personne en danger et aide illégale à un étranger. «La victoire, ce sera quand on n’aura plus à faire tout ça et que je pourrai reprendre une activité normale», dit-il. Cette nuit encore sur son terrain de Breil-sur-Roya, ce producteur d’huile d’olive et d’œufs accueillait cinq migrants, tous arrivés seuls à pied par les voies ferrées depuis Vintimille. «Nos représentants politiques ont le devoir d’assumer leurs responsabilités en accueillant avec dignité les gens qui mettent le pied sur le sol français, affirme-t-il , assurant faire le travail de l’aide sociale à l’enfance. On continuera à agir et ce n’est pas sous la menace d’un préfet ni les insultes d’un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons, car nous agissons dans l’urgence.»

«L’espoir que les choses changent»

Un discours approuvé par ses nombreux soutiens qui se sont massés au pied des marches du palais de justice de Nice. «Je suis là pour le respect de la devise gravée sur la façade du bâtiment», affirme Alain, professeur d’histoire qui pointe du doigt les mots «liberté, égalité, fraternité». Et d’ajouter : « C’est ce que j’ai appris à mes élèves pendant toute ma carrière. Ces notions, nos dirigeants politiques doivent les faire vivre.» Amnesty International, RESF, la Cimade, SOS Racisme, les associations azuréennes Habitat et Citoyenneté, ADN et Roya citoyenne, entre autres, ont répondu présentes à l’appel à manifester. De l’autre côté de la place, une étudiante ne porte ni pin’s ni pancarte. A 22 ans, c’est la première fois qu’elle vient à Nice pour un rassemblement. «Et je me suis levée très tôt, à 6h30 parce que je viens de Marseille, fait-elle remarquer au côté de son père. La situation des réfugiés et la non-réaction des politiques me touchent. Avec ce procès, j’ai l’espoir que les choses changent.»

Afin que «les choses changent», Herrou annonce, avec des associations et des avocats, qu’il attaquera en justice les autorités françaises pour prouver «le non-respect des protocoles de réadmission», précise-t-il. Mercredi, Amnesty International avait déjà dénoncé des renvois quasi systématiques de migrants en Italie enfreignant le droit d’asile et le droit des mineurs isolés. En attendant tout appui judiciaire, une militante de l’aide aux migrants est attendue à la barre du tribunal de Nice en avril, quatre autres en mai. Après sa relaxe, le professeur et chercheur Pierre-Alain Mannoni attend une date pour son procès en appel. Comme Herrou, tous risquent cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

J-L Munro place de la république à Paris

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Le rassemblement du 8 février en photos

© Photos de Philippe Lagatie

 

Je suis un délinquant solidaire

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Le rassemblement de Paris, Le Monde du 9 février

A Paris, un rassemblement contre le « délit de solidarité »

Plusieurs militants venus en aide à des sans-papiers ou des Roms et inquiétés par la justice sont venus dénoncer des actions de l’Etat et revendiquer leur statut de « délinquants solidaires ».

LE MONDE | 09.02.2017 à 19h21 • Mis à jour le 10.02.2017 à 14h28 |  Par Florian Reynaud

Près de deux cents personnes se sont rassemblées, jeudi 9 février, sur la place de la République, à Paris, pour soutenir les « délinquants solidaires », qui aident les personnes en situation irrégulière ou certaines populations en difficulté. Les militants rassemblés dénoncent des poursuites judiciaires faites pour « criminaliser » l’aide aux sans-papiers, alors que l’Europe traverse une grande crise migratoire.

Ce rassemblement est une action parmi plusieurs organisées en France depuis mercredi, alors que le tribunal de grande instance de Nice doit rendre vendredi son délibéré concernant Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière italienne, et jugé pour avoir aidé des migrants.

Lire aussi :   Cédric Herrou, défi de solidarité

Jeudi, les associations présentes et regroupées sous la bannière « Délinquants solidaires », s’en prennent aux actions de l’Etat, à la fois contre les migrants, et contre ceux qui leur viennent en aide. Le « délit de solidarité » est le surnom donné à l’article L 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui sanctionne « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ». Il a aujourd’hui été amendé pour ne plus concerner l’hébergement par des bénévoles, mais sans convaincre les associations.

Lire aussi :   Immigration : où en est le « délit de solidarité » ?

« La solidarité dérange »

Place de la République, plusieurs personnes qui ont été poursuivies dans le cadre de leur action en faveur des migrants sont venues témoigner. Peu sont concernées par le « délit de solidarité » au sens strict. Certains ont été jugés pour des violences ou outrages, à l’issue de poursuites qu’ils disent faites pour les intimider.

C’est le cas de François Loret. Il raconte avoir été condamné en juin 2015 pour violences à agent dépositaire de l’autorité publique, après une bousculade lors de l’évacuation d’un campement de Roms, dans le secteur de Marne-la-Vallée. « La solidarité dérange nos politiques » , dénonce-t-il. Prévenu dans une affaire plus récente, l’élu écologiste Jean-Luc Munro est également venu témoigner. La veille, ce soutien de la cause rom était jugé à Lille pour violences sur agent dépositaire de l’autorité publique avec arme par destination, accusé d’avoir foncé sur des forces de l’ordre à un barrage avec son vélo, en marge d’une opération policière dans un campement.

Aubépine, récemment jugée et relaxée, est venue parler du « triangle des migrants », où de nombreuses personnes vivent dans la rue, dans le nord de Paris. « On a été nassés pendant cinq heures à Stalingrad, puis convoqués et jugés pour rassemblement illicite et fausse déclaration de manifestation », explique-t-elle à la tribune. « L’Etat cherche à circonscrire et à définir lui-même ce qu’est la solidarité », s’inquiète Houssam, qui avait été jugé avec la jeune femme.

Les politiques « se trompent de cible »

Venu de Perpignan, Denis Lambert a été poursuivi en 2015 pour avoir hébergé une famille arménienne, puis l’audience s’est soldée par un non-lieu. Aujourd’hui, il assure continuer, comme il le fait « depuis 2005 », à héberger des familles, et collabore au Secours populaire.

A la tribune, le directeur d’Emmaüs France, Thierry Kuhn, demande notamment « l’abrogation de l’article 622-1 », ou encore « la régularisation des travailleurs sans papiers ». « Si venir en aide aux étrangers est un délit alors nous sommes tous des délinquants », estime-t-il.

Pour la directrice de l’association La Cimade, Geneviève Jacques, « on constate malheureusement une recrudescence de ces mouvements » de répression de militants et bénévoles, et craint un « esprit état d’urgence » qui « amène des responsables politiques à se tromper de cible ». « Dans le monde dans lequel on vit, c’est au contraire la solidarité qui permet d’avoir de l’espoir », assure-t-elle.

FR3, journal du 9 février

Lien vers la vidéo :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-pas-calais/nord/lille-metropole/lille/proces-jean-luc-munro-violence-delit-solidarite-1192851.html

Trois rassemblements contre le délit de solidarité! La journée du 8 février, rassemblement et procès au TGI de Lille

Les articles ne relatent qu’une partie du procès, je remercie mon avocat pour la belle plaidoirie mais cela est à peine évoqué dans la presse. Nous mettrons  un résumé très prochainement…

Article de presse et reportages :

La Voix du Nord du 08/02/17 :

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La Voix du Nord du 09/02/17 :

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Le Monde du 09/02/17 :

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Suite au procès…

Un grand merci pour votre soutien, merci d’être venu aussi nombreux et à Raphaël Romi, mon avocat pour ma défense
Le procureur à demandé une amande de 750 €, délibéré le 15 mars.

Le site de « délinquants solidaires »

delinquants-bandeauhttp://www.delinquantssolidaires.org